L'espadrille de mauleon - gaston

L'espadrille de mauleon - gaston

L'espadrille de mauléon cousu main

Gaston est allé à Mauléon, capitale internationale de l'espadrille, pour dénicher l'un de ses deux artisans-fournisseurs. "Séduire" serait le mot juste tant il a été difficile de se faire accepter comme client par un artisan attaché à un mode de fabrication d'excéllence.

Jean-Jacques fabrique pour Gaston les espadrilles "Tradi" et "mule".

 

 

 C'est dans un vieux hangar sans prétention que se cache la caverne d'Ali-baba de Jean Jacques. Il y travaille seul, avec sa femme.

 

On y entre par un espace dédié à la vente directe, franchement mieux rangé que le reste du bâtiment. A droite, un bureau dont les feuilles de papier ont fini par y dévorer l'espace, jusque sur les murs. En face, l'atelier. Des bouts de tissu à perte de vue, des machines industrieuses du début du siècle ou même en bois, dantant d'on ne sait quand.

 

Jean Jacques est levé tous les jours à 3 heures du matin pour une fin de journée à 19 heures : il a un « rythme de boulanger ». « On travaille de la même manière depuis un siècle, confie-t-il. Certaines machines ici ont plus de cent ans!»

 

 

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undefinedLa mouleuse par exemple. Cet outil qui, une fois les cordes tressées, donne la forme de la semelle de l'espadrille. « Elle est là depuis plus longtemps que moi. Nous la tenons de l'ancien propriétaire qui l'utilisait déjà depuis au moins deux générations. Ce côté rustique où l'on utilise la plante au maximum, c'est cela, la philosophie de l'espadrille. »

 

L'état d'esprit de Jean Jacques se révèle quand on en vient à parler, après deux heures de discussion amicale, de la vulcanisation des semelles : cette étape consiste à poser la couche de caoutchouc sous la semelle. Il m'explique pourquoi il ne met plus de colorant dans son caoutchouc, lui laissant ainsi sa translucidité brute :

 

« je me suis révéillé un jour en me disant : c'est inutile, pourquoi en mettons-nous? Depuis je n'en met plus ! C'est plus naturel et puis cela conserve la bonne odeur du caoutchouc ».

 

 

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 En 2010, L'atelier a reçu le label « Entreprise du Partimoine Vivant » (EPV).

 

Ce label récompense des entreprises artisanales ou industrielles performantes qui participent au rayonnement économique et culturel de la France.