L'espadrille artisanale - gaston

L'espadrille artisanale - gaston

L'espadrille artisanale made in France

 

Jeau-Claude fabrique les espadrilles « classic » et « zèbre » de Gaston. Il est à la tête d'une petite entreprise, entre tradition et modernité. La pointe de l'artisanat français.

 

 

Jean-Claude est à la tête d'une vraie petite entreprise. Alors que nous avions rendez-vous sur le lieu de production, il m'explique lui-même le chemin à prendre. « On passe devant le super-marché, juste après, il y a un chemin de terre. C'est une nouvelle zone artisanale, juste derrière le supermarché. Il n'y a pas de panneau : on n'a pas pris le temps de le mettre ». Je rentre dans la zone artisanale et je m'attend à trouver un petit bâtiment d'artisan. Je n'y suis pas : l'entreprise est dotée de locaux flambant neufs et de taille d'une bonne petite entreprise florissante.

 

 

La plus grosse partie des bâtiments est un espace de stockage, organisé comme un entrepôt logistique : monte-charge et quai de chargement. Je suis presque déçu dans ma quête de trouvaille. Je visite les lieux en m'attendant à faire choux-blanc : je ne trouverai pas dans cette « usine » la fabrication artisanale « made in france » que je recherche. Jean Claude m'entraîne sous les locaux administratifs du premier étage, dans l'atelier. Avant d'entrer, je m'attend au pire!

 

D'un coup d'oeil, je mesure l'étendue de mes préjugés. Je voulais de la fabrication artisanale, je suis servi. Dans un local qui ne fait pas le quart de l'espace de stockage, pas même un dixième, une dizaine de machines du début du siècle, rutilantes et aux mécanismes simples, font face à autant ouvriers, accomplissant chacun une étape de fabrication de l'espadrille. Que du fait main! Même les semelles sont fabriquées sur place (ce qui est loin d'être le cas partout).

 

On retrouve dans ce lieu le mode de fabrication de la grande époque de l'espadrille : l'époque des hangars immenses et pleines de machines crachant leurs paires par dizaine de milliers. Ici, on est loin du compte, à peine une chaîne en fonctionnement. Tout de même, cet atelier somme toute modeste est maintenant le plus important en France. A n'en pas douter, l'espadrille française est bel et bien artisanale !

 

 

Jean-Claude m'explique que cet atelier n'existe que par une volonté familiale de faire perdurer au pays, il y a de cela 30 ans, une activité en pleine délocalisation. Alors que la concurrence déplace les machines en asie, sa famille conserve une unité de production sur place. Ce n'était pas un pari industriel, plutôt un attachement sentimental. Aujourd'hui, l'entreprise est limitée dans son développement par l'absence de machines que l'on pouvait dénombrer par centaine il y a à peine 50 ans. Un bel enseignement!